Une proie [Texte 25]

Il la fixe comme un prédateur fixerait sa proie.

Un lion qui contemple un steak. Stoïque, impassible, seulement ce regard. Ce chien la veut, tout ce qui se dégage de cette masse de bientôt quarante ans exprime l’appétit sexuel. Ce n’est même pas du désir ; pour désirer, il faut respecter. Encore, si seulement elle ne l’avait pas remarqué, les conséquences de cet attardement malsain ne seraient que bien minimes.

Malheureusement pour la pauvre chérie, leurs regards s’étaient croisés. Un malaise s’ensuivit, elle regarda ailleurs, se forçant pour ne pas regarder devant, là où elle pourrait se sentir observée.

Quatre stations passèrent. Les gens descendent, montent. Elle s’autorise de nouveau à regarder, naturellement, devant elle, en fonction de sa position. Surprise.

Les yeux inconnus et peu rassurants ne l’ont pas lâchée. Son cœur commence à battre, vite, sous son gros pull XXL, sa peau qui est pourtant bien protégée par ce vêtement trois fois trop grand pour elle, se glace petit à petit. La peur s’installe en elle, cela se sent. Elle compte mentalement les arrêts qui la séparent de Bastille : dix. Elle cherche à poser ses yeux sur quelque chose de serein mais elle ne trouve que des affiches de publicité qu’elle connait déjà par coeur. L’espace se vide, autour du strapontin maudit ; plus d’échappatoire possible, elle sent la marque infâme du chien. Elle pourrait presque voir le filet de bave.

 

En dernier recours, comme une gazelle apeurée, elle ferme les yeux, si fort qu’elle voit les petites taches de lumière sur ses paupières. Il lui reste deux stations, elle les compte, se prépare à descendre, ouvre les portes, garde les yeux clos, descend. Son pied touche le quai. Elle ouvre subitement ses pupilles : c’est bon, elle lui a échappé ! Un sourire de soulagement vient étirer ses lèvres encore bien jeunes. Il disparaît aussitôt, lorsqu’elle se rend compte que trois bêtes assises sur le quai la fixent, comme l’autre prédateur du wagon.

Elle accélère le pas, pressée d’arriver à son école, là où les salles de classes ont le pouvoir de protéger les biches comme elles, le seul endroit où elle peut se sentir en sécurité, loin des hommes et leurs regards effrayants …

 

Petit message : désolée pour l’attente de Maggie, pas tellement l’inspi ni le temps.. mais je n’oublies pas !

MAGGIE [Chapitre 3 / Partie 2] Promenade nocturne

« Oh c’est toi ».

Son ton m’émut. Elle n’exprimait ni joie ni colère, ni même de la tristesse. Constant simplement ma présence, c’est à peine si elle était vivante. Penaud de l’avoir surprise, elle, la sublime Maggie, dans une rupture aussi humiliante, je n’osais décrocher un mot.

Elle le comprit, ce qui lui arracha un pouffement de condamnée. Nous restâmes silencieux un petit moment, ses yeux dans le vague et les miens rivés sur mes pieds.

Enfin, elle brisa ce malaise :  » Je vais rentrer. Est-ce que tu viens ? Je ne te sauterais pas dessus, c’est promis. » rajouta-t-elle devant mon air ébahi. Je m’empressai, évidemment, de me lever afin de la raccompagner.

 

Le trajet, pourtant court, me parut interminable tant elle babillait, passant d’un sujet à un autre… elle riait, toute trace de déprime ayant quitté ce si beau corps. Je me sentais comme un élu, ce soir c’était moi et moi seul avec la femme de mes rêves ! Mais chaque bonne chose a une fin et nous arrivâmes devant la porte de son immeuble, d’un style ancien par ailleurs…

Face à face, elle me remercia de ma compagnie, me fit la bise et m’honora d’un sourire si éblouissant que je la crus un instant véritablement heureuse.  Cependant, le dialogue de son corps m’indiquait tout autre chose : un de ses bras me tenait avec une force inouïe, et ses yeux… c’était le plus inquiétant. Ils me criaient tout bonnement de ne pas partir, de ne pas la laisser seule. J’étais sensible aux regards, surtout les siens.

Et c’est sans doute pour ça que j’ai réagi instinctivement, l’attirant à moi pour la prendre simplement dans les bras.

Sa réaction me brisa le cœur.

MAGGIE [Chapitre 3 / Partie 1] Voyeurisme

Deux semaines passèrent, sans nouvelles de Maggie, je désespérais.

 

C’est lors d’une soirée particulièrement ennuyante que je me résolus à sortir afin de la chercher…

J’errais dans le quartier, avant de retourner aux cafés de la dernière fois. Personne si ce n’est des inconnus abrutis par l’effet de trop nombreux Long Island. Dépité, je me promenais dans la ville, le vague à l’âme devant mes recherches infructueuses.

Comme la plupart des jeunes gens désœuvrés, je m’assis sur un banc public, regardant défiler les bandes d’amis ou bien les couples, enviant farouchement leur bonheur. Celui-ci était sans cesse rayonnant, sauf lorsqu’un de ces nids d’amour se déchirait.

Lorsque cela arrivait, je prenais un malin plaisir à épier la scène, c’était ma seule jouissance de célibataire. D’ailleurs, un accrochage entre deux tourteaux se déroulait, juste devant moi.

 

Une jeune femme avait une attitude froide, malgré les traces de larmes luisantes sur ses joues. Son compagnon semblait être en faute ou, tout du moins, courbait excessivement le dos.  Ils étaient sur le trottoir d’en face, les lumières urbaines me permettaient de voir le film mais point d’entendre leurs paroles. Cependant, pour mon plus grand bonheur, l’homme héla subitement un taxi. Il eut la merveilleuse idée de stationner juste devant mon petit banc.

« Tu ne me manqueras pas, espèce de salaud ! Je serais bien mieux sans toi, libre à nouveau ! De plus, je serais… », elle fut coupée : « Seule, à nouveau. Ecoute, chérie, on sait que ça ne peut que se terminer. Tu es superbe, une vraie déesse, nue comme habillée, mais ta demande d’amour et d’attention est démesurée. Je n’ai pas les épaules pour ça, je ne veux pas d’enfant mais d’une femme. Comprends-tu ? ». En disant ces mots, il eut le temps de la baiser sur le front et de monter dans le véhicule. « Dégage ! Enfoiré ! » lui répondit son ancienne dulcinée. La rupture la touchait apparemment plus que je ne le pensais au début. EN réalité, elle semblait aux abois, perdue… c’est pour cela que je fus surpris par son mouvement brusque.

En l’espace d’une demi-seconde, elle avait planté son regard dans le mien, me tétanisant sur place.

D’une part car ma curiosité malsaine avait été découverte, et ensuite car je la reconnaissais.

MAGGIE [Chapitre 2/ Partie 10] Fin de chapitre !!!

Revenant subitement au moment présent, je me rendis compte du quiproquo engendré.

J’expliquais vite à ma cousine qu’il n’y avait absolument aucun souci qu’elle soit lesbienne, que j’étais content pour elle si elle pouvait trouver une fille lui convenant et tout le baratin habituel. Je le pensais vraiment ! Seulement, ma cousine, du haut de ses seize ans, avait conquis plus de femmes que moi-même, à vingt-et-un an. Je ne lui dis rien, préférant la « conseiller » pour envoyer balader, gentiment, Lucas. Ne m’y connaissant point, je lui rapportais essentiellement des phrases préconçues, maintes et maintes fois entendues pour d’autres…

 

Notre échange terminé, elle me poussa hors de son domaine, pour s’apprêter. Désoeuvré, je retournais au salon, cherchant ma mère mais ne la trouvant malheureusement pas. Alors, je m’assis sur le canapé, préparai un message à Maggie, l’effaçant juste après… Un livre traînait sur la table : Le Mal-aimé . Au moins cette maison avait le sens de l’humour.

Je me sentais, ou plutôt j’étais, minable. Cette journée, en apparence merveilleuse, révélait tous mes défauts, tous mes échecs… je n’avais rien fait dont je pouvais être fier.  Rien.

 

Occupé à me lamenter, je n’avais pas prêté attention à la nouvelle venue. C’est seulement en me relevant, décidé à rentrer, que je la vis. Sibyl, seize ans, était très désirable. Cheveux auburn tressés admirablement, un mariage parfait entre un simple jean et un chemisier blanc ajusté. Des boucles d’oreilles créoles en or, étaient assorties à un bracelet un peu trop large pour son délicat poignet… Le maquillage, léger, mettait en valeur ses yeux verts pétillants. Pas étonnant que Lucas lui tournait autour ! « Ferme ta mouth, tu vas attraper des mouches » me répliqua-t-elle avec son adorable accent britannique.

Après avoir repris mes esprits, je lui annonçais que j’allais repartir. Une petite moue comme accessoire, elle me remercia du temps passé avec elle. Attendri, je lui transmis mon numéro tout en lui assurant une disponibilité à peu près complète. On se salua par une bise française ainsi qu’un « see you soon » plein d’espoir. Et me revoilà sur l’autoroute.

 

Trois heures et demie plus tard, je franchissais ma porte d’entrée. Douche, plat déjà cuisiné, lit.

Je voulais atteindre le royaume des rêves aussi vite que possible, je n’en pouvais plus.

Alors, comment trouvez-vous cette histoire, jusqu’ici ???😀

MAGGIE [Chapitre 2/Partie 9] Aveux

En débarrassant les restes, mon énergique cousine me fit part de son envie de parler.

Son visage était rosi par une gêne candide et c’est amusé que je mis mon attention à sa portée.

Rapidement, elle me raconta qu’elle étudiait à domicile, désirant garder l’anglais comme première langue. Elle sortait peu mais attirait l’attention des autres jeunes du village. D’ailleurs, Lucas en était un. Il l’avait conviée à sa soirée et d’après ses dires, c’était pour se rapprocher grandement d’elle.

Elle était inquiète à ce propos : elle était réticente à ses avances. Elle l’appréciait mais seulement en tant qu’ami et ne savait comment le repousser sans s’attiser les foudres du petit groupe…

Elle se tordait les mains, se mordait les lèvres regardait dans le vide… « What else’s my dear? You can say me everything, do you know? ».

 

Le regard toujours fuyant, c’est d’une voix étranglée qu’elle m’avoua son désir pour Alex. Alexandra, à vrai dire. « I’m lesbian. I love only women… I know that isn’t a problem or a shame! However, I am afraid of people’s reactions. Your mum doesn’t care, she is perfect!… ».

Je n’entendais plus. J’étais sonné. Je n’étais évidemment pas homophobe, les couples homos me laissaient indifférent. Sauf que là, c’était ma cousine qui était lesbienne.

En d’autres termes, elle avait vécu des expériences avec des femmes. Tandis que moi, sombre idiot, je fantasmais sur la première fille un peu jolie rencontrée et mon cher appareil n’avait eu comme visiteuses que mes propres mains, serviettes ou professionnelles. Merde. « Fred ? ». Merde. Merde. Merde. « Shit ». MERDE.

« SHIT ! Sorry, I shouldn’t have. Please, just… just forget. »

 

MAGGIE [Chapitre 2/Partie 8] La famille avant toute chose

« Allô ? C’est Maggie.

Je ne te dérange pas ? Où es-tu ? J’organise un ciné cette après-midi, ça serait sympa que tu viennes ! Il y aura Damien, Alexeï, Florian et peut-être sa sœur. On pourrait se mettre à côté et bavarder ! C’est à quatorze heures trente, sur la place de la fontaine. Tu viens ?! »

Ah. Ma prévision de rester auprès de Sibyl était face à face à la proposition de Maggie. Je réfléchis à toute allure, avant de me décider : malgré son ton entraînant, je devais décliner. Sibyl passait en priorité, je n’avais que vingt-et-un an mais j’avais abandonné ma famille dès la fin du lycée… Pour une fois, j’allais profiter d’elle. « C’est très gentil à toi mais j’ai retrouvé ma jeune cousine, je compte passer l’après-midi avec elle ! Je rentre ce soir, si ça t’intéresse. Et le cinéma, ce sera pour une prochaine fois ! ».

 

Son ton devint alors cinglant, comme si mon refus l’affectait profondément. « Bien. Comme tu voudras. Passes un bon moment dans ce cas. Tu diras bonjour à ta si chère cousine. Au revoir. » Et elle raccrocha. Je ne comprenais pas sa réaction. C’est alors que Sibyl toqua, timidement. Je la priai d’entrer, encore hébété. Je tentais de lui expliquer que j’étais disponible pour elle aujourd’hui et que je souhaitais l’écouter. Cette nouvelle eut l’air de la ravir car elle me sauta au cou avant de repartir prestement, courant à moitié…

J’en profitai pour trouver ma mère et l’accompagner acheter de la bidoche, vu que je restais.

Elle fut enchantée par cela et le reste de la matinée se passa tranquillement. Ma cousine me taquinait tandis que la maîtresse de maison nous houspillait, tendrement cependant.

Le repas passa, fort délicieusement…

 

[Texte 24] Bipolaire

  Un jour sur deux, l’espoir me submerge.

C’est facile à reconnaître ; je ris, je sautille,  je te tiens pour acquis. Je sais que tu es bien, que je compte, que tu ne me lâcheras pas. J’ai la banane et les yeux pétillants : me sens invincible, persuadée que tu me diras « on continue » dès qu’on se reverra.

Ces jours-là, mes baisers se font légers, presque taquins, certains qu’ils en engendront encore une belle ribambelle. Les problèmes se cachent, rien ne peut m’abattre. Du moins jusqu’à la tombée de la nuit, à très précisément minuit.

A ce moment, une nouvelle journée commence, et mon angoisse me rattrape. Putain ce qu’elle court vite cette connasse. Subitement, je ne suis plus aussi fatiguée. Chaque mot encore échangé a une importance rare. Mes pupilles brillent, du fait de mes larmes refoulées. Ton visage est un otage entre mes mains, mon corps s’impose au tien… Nos bisous ont désormais un sale goût d’urgence et de fin.

Je cherche à retenir chaque seconde, terrorisée à l’idée que tu puisses souffler sur notre bonheur en un mois. Je parais épuisée, un bien pâle sourire triste essaie de me sauver la face. Que pourrais-je te dire, de toute manière, que tu ne sais déjà ?

Heureuse ou affolée, mes « je t’aime » se comptent à la pelle.

D’un était comme de l’autre, mon souhait d’être avec toi est omniprésent.

Il n’existe plus de moyens pour t’avouer que je suis bien dans tes bras.

Je tiens à toi, tu es presque comme l’incarnation de mes rêves d’enfant, tel un prince charmant…

Quelle conne. Naïve, trop jeune, émotive et profondément amoureuse. Je m’en excuse. Vraiment. Même si cela m’a permis de connaître des joies jusqu’ici seulement imaginées, je te demande pardon d’être aussi cruche, aussi banale, aussi sentimentale. Non, je suis loin d’être intelligente : au lieu de m’écarter dès le début, je me suis accrochée, encore et encore… Je ne le regrette absolument pas ! C’est simplement que maintenant, tu ne veux très probablement plus de moi.

  Seulement, je t’aime quand même.

Facebook !

Bonjour !

Coupure « actu » : je n’ai rien à faire de ces journées chaudes, retirée dans mon antre, plus d’inspi pour écrire… alors j’ai crée une page Facebook pour ce blog !😀

 

Pour les amateurs : https://www.facebook.com/espoirrougeblog/

ou simplement « Espoir Rouge », avec la petite fille à la robe rouge ! N’hésitez pas à aimer et à en parler ^^

 

Le but, c’est de faire un peu/à peine + connaître Espoir Rouge🙂

Je posterais le début de chaque texte avant de mettre un lien pour le site officiel ! Il y aura quelques infos en plus, aussi…

 

Brefouille, voili voiloù !!

Bonne lecture🙂

[Texte 23] Bordel Humain

Petite coupure dans MAGGIE, et texte écrit d’un jet entre minuit et 1h30 (j’ai bac vendredi, tout va bien)…. J’espère qu’il vous plaira ^^


Vous.

Oui, vous, juste là.  Dites-moi à quoi sert l’espoir. Expliquez-moi l’utilité d’y croire. Montrez-moi la légitimité de rêver. J’en ai besoin. C’est crucial.

 

Je suis perdue devant le bordel, ou plutôt votre Bordel. Ce n’est pas un joyeux barda, où les Libertés se chamaillent aux côtés des Idées, où les Gens seraient, si ce n’est passionnés, au moins cultivés et dignes d’intérêt. Non, ce n’est pas cette utopie ardemment désirée qui est désignée par le mot Bordel. La majuscule s’impose, après tout c’est le Bordel de l’Humanité toute entière le sujet de ce coup de gueule.

 

Vous nous répétez sans cesse, à nous les jeunes, que l’avenir est entre nos mains, que c’est à nous de changer les choses, qu’on doit être engagés, se sentir responsables et citoyens d’une Nation… J’ai juste envie de vous crier… non, de vous hurler plutôt, ma rage, née de mon impuissance et de votre foutage de gueule permanent.

Non. Juste non. Ce n’est pas aux jeunes de réparer toutes vos merdes, ce n’est pas à nous de redresser la barre, de ramener le bateau au port après que vous vous soyez éclatés sur l’océan.

La couche d’ozone. Pourquoi serait-ce à nous de nous geler le cul sur nos vélos alors que c’est vous, et seulement vous, qui avez roulé au chaud dans vos bagnoles individuelles ?  Ah et pour le réchauffement climatique, vous nous offrez des réductions chez Calzedonia aussi ? Bande d’irresponsables.

La guerre, enfin les guerres, eh bien il fallait arrêter vos envies de fric, de contrôle et de territoires. Ce n’est pas à nous, aux jeunes, de mener des batailles auxquelles on ne comprend sans doute pas grand-chose, malgré nos multiples pages d’Histoire. Et arrêtez avec vos merdes de religions. Vraiment. Ce n’est certainement pas aux jeunes de se faire défoncés par une kalash tout ça parce que Jésus, Moïse et Mahomet ne s’entendent pas sur quelques textes. Vous voulez de l’honnêté ? Eh bien voilà : vous nous faites chier avec vos textes religieux, que cela soit le Coran, la Torah ou la Bible, chacun interprète cela à sa façon et tout cela fout la merde. Mettez-vous d’accord : la foi religieuse, d’accord. Le sang religieux, nettement moins.

Le racisme, l’homophobie, la misogynie et toutes les déclinaisons de la haine des autres, c’est pareil. Un gosse ne naît pas en se disant « Tiens, lui, il a une peau plus bronzée que la mienne et elle, elle embrasse une fille. Ils méritent d’être battus pour ça ». Au mieux, il ne va pas aimer quelqu’un car il lui aura piqué son joujou…  c’est vous qui vous lui injectez ces conneries dans l’esprit. Mais quel fucking besoin avez-vous de faire ça ? C’est parce que vous êtes mal-baisé ? C’est parce que vous avez rien entre les jambes ? En fait, à mes yeux, vous n’avez aucune excuse valable. Vous êtes juste des cons.

Pour le SIDA et la variété de cancers, et autres trucs mortels, je vais passer ? Quoique, ça peut être instructif de savoir comment vous avez pourrir à ce point-là des choses saines, pour le corps comme pour l’esprit. Ah oui, car, première nouvelle pour la plupart d’entre vous : le sexe, c’est bon, c’est bien, et putain c’est une des choses qui nous fait sentir vivant sans nous mettre en danger. Evidemment, faut tomber sur un-e bon-nne partenair-e et ne pas être violé-e. D’ailleurs, qu’est-ce qu’il vous a pris de rajouter ce problème-là ? Vous vous emmerdiez ? Je sais que l’humain est profondément cruel mais je pensais qu’il avait un minimum de… d’égo disons pour ne pas prendre une femme ou un homme de force. Il faut admettre que non.

 

Je pourrais étendre la liste encore longtemps mais il est tard, ou tôt, tout dépend du point de vue horaire alors je vais ravaler ma haine, ma colère, ma rancœur. A une condition.

Faites moi sentir que tout n’est pas perdu, que ce n’est pas aux jeunes ou du moins pas complètement de soigner le monde. Faites briller les étoiles et assurez-moi que vous rangerez votre Bordel avant de partir. Faites que les générations futures ne soient pas pleines de doutes, de peur, de … de sentiments déguelasses.

Je vous promets que vous me répondez « Mais ! Il y a toi ! » et je vous fous mon poing dan la gueule. NON : je suis terrorisée de ce qu’il peut se passer, je suis effondrée de voir un monde aussi éloigné du mien, je suis enflammée de savoir que c’est votre faute et qu’on doit seulement recoller les pots cassées… Mon espoir, résidant dans mes yeux et mon cœur et formé de la lumière qui me permettait d’hurler dans les rues des journées entières, de la foi politique qui dressait mon poing, de l’argent de poche qui passait dans les badges et bombes…. tout cela est en train de s’éteindre ou de se torde je ne sais, et c’est de VOTRE faute. Et que de la votre.

Alors la moindre des choses c’est de m’aider à rallumer cette envie folle de voir, un jour, ce Bordel Humain disparaître, à défaut d’avoir pu conserver un monde plus ou moins rangé.

 

Après réflexion, je parie que vous n’êtes même pas capable de faire ça. Vous êtes vraiment des… lâches. Et que les mamies ne nous regardent plus d’un mauvais œil dès qu’on monte dans le bus.

Surtout que c’est elles qui parlent le plus fort au téléphone.

MAGGIE [Chapitre 2/Partie 7] Une anglaise à la maison

Une jolie voix, adorablement tordue d’inquiétude.

 

Oui, je me souvenais très bien d’elle. Et, oui, nous étions proches jusqu’à son départ dans la banlieue londonienne… Le décès de ses parents avait bouleversé ma mère mais point moi, étant trop occupé à être le meilleur… Comment avais-je pu lui tourner le dos ainsi ? Comment pouvais-je être si hautain envers elle ? Je m’en voulais. Une main se posa sur mon avant-bras nu. « Fred… Please… Don’t cry. »

Regardant vers cette voix claire et douce, je réalisai que je pleurais. Les larmes, absentes il y a trois ans, envahissaient désormais mon visage. Une pulsion, un besoin m’empara alors.

Je passai mes bras autour d’elle, enfouissant ma tête contre son ventre, frôlant sa poitrine encore adolescente. A travers mes pleurs, des excuses fusaient, minables… d’autant plus que sa réaction fut parfaite : me serrant contre elle, caressant patiemment mes cheveux, murmurant « It will be okay, don’t worry my sweet, all is all right »

 

Je ne sais pas combien de temps nous serions restés ainsi si ma mère, sa tante, n’était pas intervenue. « Bon ! Fred, chéri, sèche tes larmes, finis de déjeuner et après tu décideras de rentrer ou de rester. Dis le moi vite, car si tu désires rester, je dois acheter de la viande pour le repas. For you, Sibyl, go to dress up. Don’t forget the Lucas’ birthday at 6.p.m ! Je vais finir de laver les draps and I will back« .

Elle avait pris les choses en mains, empêchant nos sentiments de s’installer, comme à son habitude.

Sibyl m’embrassa sur la joue avant de filer. Suivant son exemple, je fis ce qu’on m’avait demandé. Je pensais rester jusqu’à la fin d’après-midi, renouer avec ma chère germaine avant de revenir à Maggie et la ville. Tiens, d’ailleurs, était-ce mon téléphone qui sonnait ?

Oui ! Et c’était Maggie, la tumultueuse brune. Cette journée était donc pleine de surprises…

Bonnes, je l’espérais mais je me trompais…